Dans un communiqué publié ce lundi 5 janvier, les forces de sécurité de la République islamique d’Iran ont fait part de l’arrestation d’un homme travaillant pour l’agence d’espionnage du régime israélien Mossad, après l’avoir identifié parmi des émeutiers à Téhéran.
Cet agent du Mossad, dont l’identité n’a pas été révélée, a été identifié et interpellé alors qu’il opérait de manière clandestine au sein des émeutiers. Il servait de liaison avec les émeutiers au cours des derniers jours, selon la police iranienne.
Dans un extrait de ses aveux diffusé par la police, l’individu explique les méthodes utilisées pour le recrutement, la formation et la communication avec des éléments liés au Mossad, avant de déclarer avoir été recruté via les réseaux sociaux pour des missions qui lui étaient confiées par une organisation basée en Allemagne.
Des individus étaient identifiés sur des plateformes telles qu’Instagram et Telegram en fonction de leur activité et de leurs « likes », puis on les rassurait qu’ils seraient pleinement soutenus dans l'accomplissement de toutes les missions qui leur seraient demandées, explique-t-il, précisant avoir reçu des instructions précises sur le matériel à acheter et les équipements à assembler; après quoi il a reçu l’ordre de se rendre sur des lieux de commerce, scander des slogans, enregistrer des vidéos puis les leur envoyer.
" Dans les jours qui ont suivi, on m'a demandé de ne plus me rendre au Bazar ", explique-t-il lors de cet aveu où il précise que pendant tout ce temps il avait été sous surveillance via son téléphone portable et que l’ensemble de la formation lui avait été communiqué à distance, par appels téléphoniques et messageries.
« Je comprends tout maintenant tout; c'est précisément quelqu'un comme moi qu'ils recherchaient », déclare-t-il.
À noter que le commandant des forces de l’ordre de la République islamique d’Iran, le général de brigade Ahmadreza Radan, a déclaré dimanche que les forces de sécurité avaient procédé à des arrestations ciblées de éléments ayant incité aux troubles, tant en ligne que sur le terrain, lors des contestations de rue. Selon le général Radan, ces individus recevaient des paiements en dollars depuis l’étranger en échange de l’incitation de l’opinion publique.
Des troubles sporadiques ont éclaté à travers l’Iran depuis la fin du mois de décembre 2025, à la suite de la chute de la monnaie nationale. Les États-Unis et le régime israélien ont rapidement tenté d’exploiter les manifestations, en déployant des agents formés dans le but de saper la sécurité nationale. Le président américain Donald Trump a ouvertement menacé la République islamique d’agression en soutien aux émeutiers.
Les autorités iraniennes, tout en reconnaissant le droit à des manifestations pacifiques, ont appelé les citoyens à faire preuve de vigilance face aux émeutes soutenues par l’étranger.
Le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, a appelé samedi au dialogue avec les manifestants ayant des revendications légitimes, tout en précisant que « parler au manifestant est différent de parler à l’émeutier ; parler à l’émeutier est inutile, et l’émeutier doit être remis à sa place ».
Il a aussi affirmé que la forte hausse et l’instabilité des taux de change des devises étrangères ne sont pas naturelles et résultent des manœuvres de l’ennemi.
Pour sa part, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé lundi que les protestations du peuple doivent être entendues, tout en avertissant que les individus liés à des services de renseignement étrangers cherchant à détourner les manifestations pour les transformer en émeutes devaient être traités séparément.
Le chef d’état-major des forces armées, le général de division Abdolrahim Moussavi, a déclaré que les États-Unis et le régime israélien mènent une « guerre douce » pour déstabiliser le pays afin de compenser leur défaite lors de la guerre imposée de 12 jours en juin 2025.